Rapport d’engagement contre un vaisseau pirate non identifié
Au court de la Guerre contre la coalition terroriste de l’Alignement de Malignité du système Icoréak, la flotte du Consortium déploya la plupart de ses forces actives, pour faire face aux demandes du Sénat Galactique en matière d’escorte de convois marchands. La plupart des navires de ligne furent affectés à la protection des transports privés, dans les systèmes galactiques du noyau. Les pressions avaient été très fortes de la part des lobbies industriels pour que la Confédération prenne en charge les coûts du transport des marchandises en temps de guerre.
La pénurie d’effectifs de première ligne conduisit la flotte du Consortium à réarmer de nombreuses unités de réserve, pour honorer les plans de l’opération « Indubitable Vengeance » (blocus d’ Icoréak XIV) et « Honorable Rétribution » (pilonnage des champs miniers de la ceinture de New Bassorat).
Le NHL Survivaure fut requalifié en « Croiseur de 3e rang », suite à un audit de la société « Sendanders Dishwahing Consulting Ltd », qui concluait à l’inadaptation du classement actuel du vaisseau (épave de 12e catégorie).
Le Lieutenant Wilard T. Buckmaster, qui venait d’être condamné à 18 ans de travaux forcés par une court martiale pour avoir accidentellement ouvert le feu à la tourelle à plasma sur un vaisseau transport de colonies de vacances (4812 morts de moins de 12 ans) fut immédiatement promu au grade de Space Captain par le Consortium, et affecté au NHL Survivaure, avec pour mission de patrouiller dans la bordure occidentale du système Icoréak, afin d’y détruire les éventuels pirates spatiaux.
L’appel de l’avocat du Capitaine Buckmaster pour que son client effectue sa peine de 18 ans de travaux forcés fut déclaré nul et non avenu après le décès de l’avocat en question, dans un regrettable accident de tomate/mozarella.
Rapport d’engagement, visé par le Space Capitain Wilard T. Buckmaster, commandant le NHL-Survivaure, Croiseur de 3e rang. Classement DIROPS/ENGAG/REP/3101/1-1
3 janvier 3101 : Nous nous dirigions à une vitesse de 153,000 km/h dans le quadrant 564-XB-8-TF-57(H) lorsque les senseurs du NHL Survivaure ont détecté un vaisseau spatial non identifié d’environ 250 mètres de long, faisant route au 120/30 du plan de l’écliptique, à une vitesse d’environ 75,000 km/h.
Après analyse des méta données par l’ordinateur de bord, et correction manuelle sur carte papier avec gomme et cybercrayon, il a été admis d’un commun accord par l’officier de navigation et son droïde d’astrogation débranché que le vaisseau non identifié faisait route dans la zone d’exclusion de 0.3 parsec autour de la planète New Ormuz.
J’ai immédiatement ordonné les dispositions de combat, et fait sonner le branle-bas à l’aide d’une trompette manuelle, le réseau de sirènes étant partiellement en panne suite au remplacement par une société contractante privée des bobines d’induction ioniques par des piles 9volts ayant la même apparence au court d’un contrôle de routine (rapport séparé).
Le vaisseau fut paré au combat au bout de 31 minutes 14 secondes, au lieu des trois minutes réglementaires, certes, mais à comparer avec les 3h45 de l’exercice de la semaine précédente.
Un message fut envoyé sur fréquence libre au vaisseau non identifié, lui intimant l’ordre de stopper. Parallèlement, une route de rencontre fut calculée par l’officier de navigation, et négociée avec l’officier de propulsion, réticent à l’idée de dépasser les 25% de puissance délivrée sur les réacteurs, pour des raisons de surchauffe due à une forte oxydation des circuits de refroidissement pendant les 12 années de désarmement du vaisseau.
Les trois avertissements étant restés sans réponse, il a été procédé, sur mon ordre express, au tir de semonce d’un coup de canon à plasma ionique par la tourelle bitube Mk35 avant.
La réponse du navire non identifié se fit alors entendre dans les communicateurs : il demandait que nous stoppions immédiatement pour inspection. Notre destruction devant être la contrepartie de notre refus d’obtempérer.
Décontenancé par cette réponse outrancière, j’ai immédiatement donné un ordre d’abordage, au moyen des modules de débarquement spatial DSAV 1. L’officier fusilier, également délégué syndical de l’équipage, me fit remarquer que cela outrepassait le contrat de travail standard des contractuels réservistes de l’équipage, et qu’en outre les modules en question n’avaient jamais été utilisés sur ce vaisseau.
Cédant provisoirement à la menace d’une grève d’une partie du personnel combattant, j’optais pour un changement tactique immédiat, sur les conseils du Comité Tactique réuni en Session Extraordinaire.
J’ordonnais donc l’armement des missiles de poursuite AGM-703 Windshadow, et le tir de trois unités en direction du vaisseau ennemi, qui ne faisait même pas mine de modifier sa course.
A ce moment, le NHL Survivaure fut secoué par un impact dans la coque, qui provoqua un court-circuit important des systèmes primaires de propulsion (réacteurs calés) et une faillite des modules secondaires d’alimentation. Il semble que le Comité Tactique ait omis de faire activer les boucliers de protection. L’enseigne Jim Brown (17 ans) porte l’entière responsabilité de cette faute. Le projectile adverse n’a pas été détecté par le système automatisé de défense rapprochée, qui aurait du l’engager à l’aide des canons rotatifs à courte portée. Il s’agit sans doute d’un armement pirate expérimental furtif, et je conseille une enquête des Renseignements et la plus grande vigilance.
Plongés dans le noir total, nous dûmes chercher la boite à fusibles de la passerelle à l’aide de morceaux de papier enflammés.
Le courant rétablit, et après avoir constaté que nous venions de bruler les cartes d’astronavigation, le rapport d’avarie fit état d’un impact de trois mètres sur deux dans la coque, de la dépressurisation de six compartiments, du décès de 12 membres de l’équipage, et de la perte dans l’espace de l’essentiel du stock de café moulu.
L’officier fusilier me présenta aussitôt un préavis de grève illimitée, si les stocks de café n’étaient pas rétablis dans les six heures. J’opposais donc une fin de non-recevoir, ainsi que mon poing sur sa face, comme stipulé au Chapitre 6, alinéa 12 du Code de Management des Conflits Sociaux du Consortium.
N’écoutant que mon courage, j’enfonçais alors le bouton de mise à feu des missiles, qui partirent aussitôt vers leur cible. Le vaisseau non-identifié du être détruit, car il n’apparut plus sur les écrans de contrôle... Ce fut encore une grande victoire pour la Flotte du Consortium.
Audit du Rapport d’engagement DIROPS/ENGAG/REP/3101/1-1 par la Commission de Contrôle du Consortium (Section de la 24e flotte)
Il ressort de l’analyse du rapport du Space Capitain Buckmaster que :
- 1. Deep Space Assault Vehicule
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